Notre vision

Nous avons beaucoup cherché, mais nous n’avons pas trouvé de définition du concept de Transition. Nous avons donc élaboré la nôtre!

Transition: processus de passage à un modèle de société respectueux des êtres vivants et de leur écosystème, tendant à l’égalité des êtres humains et assurant la satisfaction de leurs besoins fondamentaux par une économie au service de l’intérêt général, dans un contexte de fin des énergies fossiles, de dérèglements climatiques et de pénuries de matières premières.

Quelques explications sont nécessaires.

Processus

Le processus doit être graduel, méthodique, holistique, lucide et pragmatique, collectif, démocratique, pacifique, nourri par la pratique, régulièrement soumis à l’évaluation et adapté si nécessaire, constamment expliqué et effectué dans la recherche de l’intérêt général et de l’approbation du plus grand nombre.

Modèle de société

Notre civilisation thermo-industrielle est en fin de vie. Le mythe de la croissance infinie s’est fracassé sur les limites de notre planète, jusqu’à menacer la vie sur terre. La quête effrénée de l’argent a mis à mal la nature sociale de l’être humain. Le patriarcat et tous les processus de domination brisent les libertés et la créativité. Il ne s’agit pas d’une crise passagère ; plus rien ne sera désormais comme avant. Un nouveau modèle de société, résilient, écologique, égalitaire, solidaire est nécessaire et urgent pour faire face aux immenses défis qui s’annoncent, recréer un imaginaire collectif et retrouver la joie de vivre.
Le système politique actuel, idéologique, oligarchique, court-termiste, déconnecté des réalités et gangréné par la cupidité n’offre aucune voie d’avenir. Nous appelons à l’instauration d’une véritable démocratie non plus confisquée par une oligarchie au service de quelques-uns mais fondée sur la délibération collective, au service de tou·te·s.

Écologie

La pollution de l’eau, de l’air, des sols et des organismes, la raréfaction des matières premières, les dérèglements climatiques, la disparition de pans entiers de la biodiversité… sont autant de signaux témoignant de ce que nous sommes arrivés à un tournant de l’histoire de l’humanité. Nous en sommes de plus en plus conscients : les ressources de notre planète ne sont pas illimitées et nous avons atteint aujourd’hui des niveaux d’exploitation critiques. La chaîne alimentaire est grandement menacée. La cause écologique n’est donc plus à considérer comme un hobby sympathique, mais comme une condition sine qua non de notre survie. À une écologie culpabilisatrice accusant prioritairement les comportements individuels, réductionniste et compatible avec l’économie de marché (greenwashing), nous substituons une écologie politique critique du système économique et social actuel. Il s’agit également pour chacun·e de retrouver une écologie personnelle sereine et ralentie.

Égalité

Les sociétés les plus égalitaires sont aussi plus saines et plus sûres, même pour les classes les plus aisées. La moitié la plus pauvre du globe n’est responsable que de 10 % des rejets polluants tandis que 50 % des émissions de CO2 sont émises par les 10 % des habitants les plus riches. Les plus défavorisé·e·s sont les premières victimes des pollutions en tous genres, de la raréfaction des ressources naturelles, de l’appauvrissement ou de l’accaparement des terres, de la déforestation et des dérèglements climatiques.
Notre horizon est donc l’élimination totale des inégalités économiques entre les individus et l’égalité de tou·te·s les femmes et les hommes par-delà leurs différences. La société doit assurer à chacun·e les mêmes droits politiques, économiques, sociaux et civils, qu’importe sa religion, son sexe, son orientation sexuelle, ses origines, etc.

Besoins fondamentaux

Une société digne doit fournir à chacun·e la satisfaction de ses besoins physiologiques (faim, soif, respiration, sommeil, chaleur…) et psychologiques (sécurité, appartenance, estime, accomplissement).
Le modèle agricole intensif, écocidaire et gavé aux intrants chimiques doit céder la place à une agriculture paysanne organique.
Nous devons également nous poser la question des besoins superflus induits par notre société de consommation et notre modèle économique croissanciste et productiviste. La disparition progressive et inexorable des biens matériels superfétatoires, des loisirs futiles et des signes de distinction artificiels doit être l’occasion de recréer du lien social, de (re)trouver le chemin de la simplicité et de nous reconnecter à la nature.

Économie au service de l’intérêt général

La culture individualiste de la compétition a détourné l’homme de la nature, de sa nature. Ainsi atomisés, les êtres humains sont condamnés. Leur survie passera inévitablement par l’entraide, la solidarité, la coopération. L’économie doit servir l’intérêt général, et non les intérêts particuliers. Dans cette optique, des alternatives à l’argent sont les bienvenus : échanges de services, enseignement des pratiques, gratuité, monnaies locales… Nous affirmons en outre la propriété collective de l’énergie, de l’eau, des services d’utilité publique et des grands moyens de production. Enfin, le travail, alloué à la satisfaction des besoins fondamentaux dans le cadre d’une vie authentique, retrouvera tout son sens.

Énergie

Le pic pétrolier est dépassé ; la fin du pétrole bon marché est annoncée. Hormis le fait qu’elles seront difficiles à extraire, 80 % des réserves pétrolières doivent rester enfouies si nous voulons conserver une infime chance de rester sous les 2° de réchauffement de l’atmosphère terrestre depuis le début de l’ère industrielle. Or, cette source d’énergie est actuellement nécessaire à la production de la plupart de nos biens et services, de la construction et le maintien de nos infrastructures, ainsi évidemment que de nos déplacements. Le charbon est extrêmement polluant. Le nucléaire a suffisamment démontré sa dangerosité, pour un bénéfice contesté. La production d’électricité ne sera pas suffisante pour assurer nos besoins énergétiques sur base de notre consommation actuelle. Les énergies renouvelables sont une nécessité mais doivent être intégrées dans un plan de descente énergétique.
Il sera donc essentiel de revoir profondément nos modes de vie pour revenir à la sobriété, au travail manuel relocalisé, à la traction animale, aux modes de transport partagés, à une mobilité douce…

Climat

Le réchauffement global provoque d’ores et déjà des bouleversements en cascade : atteintes à la biodiversité, hausse du niveau des mers, sécheresses, ouragans… Pour autant, les dérèglements climatiques ne frapperont pas toutes les régions de la même manière. En apparence, ces catastrophes se déroulent loin de nous mais l’incertitude est de mise concernant le futur climat de nos contrées. Au-delà des probables impacts directs, nous devrons peut-être nous préparer à accueillir des réfugiés environnementaux chassés par la destruction de leur écosystème, les pénuries d’eau ou les conflits pour les ressources naturelles.

Matières premières

Outre les combustibles fossiles et l’eau, les minerais rares, présents dans tous nos outils technologiques, constituent un enjeu majeur. Non anticipée, la raréfaction de ces ressources risque de provoquer les pires réactions humaines et, partant, l’accélération de notre déclin. A ce scénario apocalyptique, nous opposons la propriété commune, une juste répartition des matières premières et la production de biens socialement utiles et écologiquement soutenables. Le recyclage présentant un certain taux de perte et nécessitant toujours un apport énergétique, la sobriété est incontournable.