1 heure pour mon village, et après?

Tyler Durden | 6 janvier 2019

Tous les troisièmes dimanches du mois, quelques courageux·ses se réunissent à Spy pour participer à l’action « 1 heure pour mon village ». Cette opération citoyenne consiste à ramasser les déchets sauvages en rue. À la deuxième assemblée de Jemeppe en transition, nous avions décidé, en guise de première action concrète, de rejoindre l’initiative et de réfléchir à la manière d’améliorer la portée de l’événement pour accroître la sensibilisation à la propreté publique.

Pour ma part, je m’étais toujours interdit de prendre part à ce type d’action, ramasser les détritus d’autrui m’apparaissant comme un acte ingrat et avilissant. Je suis pourtant présent sur la place de l’Église en cette humide matinée dominicale, avec une petite vingtaine de camarades de circonstance. Après de courtes mais efficaces consignes d’Aurélie, les groupes se forment. Me voici avec Dominique, Noa, Vital et Daniel pour nettoyer le bas du village. Très vite, mes réserves disparaissent pour céder la place à d’autres réflexions, selon la nature des déchets récoltés. Peut-être plus encore que le manque de civisme, c’est le caractère consumériste et délétère de nos modes de vie que les détritus révèlent. Emballages plastiques, canettes et paquets de cigarettes (et encore, nous ne récoltons pas les mégots!) arrivent en tête des statistiques de ramassage. Ici un parapluie et là une grille d’appareil à café en dosettes m’amènent à m’interroger sur la qualité des produits et l’obsolescence programmée.

De retour sur la place après une heure de labeur, mon sentiment est mitigé. L’utilité de l’opération sera bien éphémère, tout le monde en est conscient. Mais si l’exercice n’était pas vain, revêtirait-il la même valeur exemplative ? Bien sûr, rien ne nous interdit, quand c’est possible, de peser nos choix de consommation pour éviter le jetable, l’éphémère, le superflu, le trop, le plastique… mais au-delà de la question des comportements individuels et des modes de consommation, il est crucial également de s’interroger sur les mesures à prendre à plus grande échelle. Si on peut saluer la décision du parlement européen d’interdire une liste de produits en plastique à usage unique à l’horizon 2021, on attend toujours un vrai plan d’action pour réduire considérablement les emballages. Mais là aussi, nous avons un rôle à jouer en faisant pression sur les pouvoirs publics et les entreprises, par des manifestations ou des actions symboliques tels les « plastic attacks » au cours desquelles les clients abandonnent à l’intérieur des magasins les emballages superflus. Une piste pour prolonger l’expérience du ramassage citoyen ?

Prochain rendez-vous de « 1 heure pour ma ville » le 20 janvier à 10:00 chez Aurélie et Alexandre (consulter dans l’agenda) où, me souffle-t-on, une bonne soupe récompensera les volontaires !